Merci M. Coderre !

Denis Coderre comptait sur le statut de métropole accordé à Montréal en septembre dernier et les pouvoirs qui viennent avec pour s’impliquer davantage dans la gestion du flux de réfugiés, l’accès aux emplois, la reconnaissance des diplômes acquis à l’étranger, la gestion des rapports entre certaines institutions municipales et les citoyens, etc… Il ne le fera pas. Ou plus exactement, il ne sera pas celui qui  détiendra les prérogatives liées au statut de métropole de Montréal.

Il n’aura pas entièrement atteint son objectif (une promesse de 2013) de faire en sorte « … que lorsqu’on regarde les employés qui travaillent à l’hôtel de ville, on remarque que ça représente bien la mosaïque culturelle de Montréal. On doit engager plus de minorités visibles». Il y a eu un début, mais beaucoup restait – et reste – à faire.

Denis Coderre a dit qu’il « partait la tête haute » et ajouté que pour lui, c’était « Mission accomplie » là où d’autres lui prédisaient une mission plutôt impossible. Il faut dire que l’état de Montréal ne laissait guère beaucoup d’espace à l’optimisme. Quatre années après, nous retiendrons le rayonnement international de Montréal, parmi les raisons qui rendent l’ancien maire « fier ».

D’Abidjan à Casablanca, en passant par Dakar, Montréal n’est plus cette ville étudiante, lointaine, grise et froide, où l’on était toujours en transit, rêvant du jour où on la quitterait pour embrasser Toronto, sa voisine plus attirante.

Sous Denis Coderre, Montréal est devenue une ville prisée par les étudiants et les gens d’affaires Sous son leadership, la ville a pris confiance en elle-même, elle a déployé ses charmes et ses talents, devenant  une ville internationale, cosmopolite… et toujours humaine.

Grâce à lui, ou sous son mandat dirons-nous, le conseil municipal était riche dans sa diversité. Denis Coderre en accédant à la mairie de Montréal il y a quatre ans a posé « un geste fort, pas seulement symbolique » (comme il aimait à le répéter) en nommant Frantz Benjamin, président du conseil de ville. Au sein de ce dernier, on retrouve Alan de Souza, Monica Ricourt, Harout Chitilian, Nathalie Pierre-Antoine, Dimitrios Beis, Frantz Benjamin, etc… Beaucoup seront tombés avec lui dans le combat de 2017. Certains ont pu échapper à la « vague rose » (*).

Nouveaux visages au conseil de ville de Montréal

On ne peut passer sous silence sa relation particulière avec les communautés néoquebecoises. Une relation, parfois  poussée à l’extrême, voire proche de la caricature pour certains. Après s’être autoproclamé « le maire haïtien » (ne parlait-il pas créole ?), il a commencé à baragouiner des mots en arabe, mais aussi en woloof.

Calculée ou pas, cette sensibilité l’a rapproché desdites communautés. Lesquelles en retour, se sont senties chaque jour un peu plus que davantage, « montréalaises pour toujours ». Pensons par exemple au buste de Toussaint Louverture comme legs de la communauté haïtienne à la Ville de Montréal. Les vols directs Montréal-Beijing ou Montréal-Casablanca tournent à plein régime, la culture montréalaise est riche et diverse plus que jamais …

Denis Coderre a tenu parole sur le processus de réconciliation avec les Premières Nations, et c’est ainsi qu’en septembre dernier, un symbole autochtone – un pin blanc – a été rajouté au drapeau montréalais.

   

Denis Coderre n’a pas pu obtenir un second mandat à la Ville, mais grâce à son casting, aux côtés d’un seul afroquébécois, siégeront pour la première fois dans l’histoire de Montréal, une autochtone Marie-Josée Parent, une québécoise d’origine chinoise, Cathy Wong et un québéco-maghrébin, Abdelhaq Sari.

Sous son mandat, tout n’aura pas été parfait sur le plan de la prise en compte de la diversité, mais il aura laissé un héritage à fructifier. Merci M. Coderre. Bienvenue Mme Plante.

(*) vague rose est en rapport avec un moment fort d ela campagne de Valérie Plante et sa proposition de ligne rose du métro.

(c) Cyrille Ekwalla (Nov. 2017)

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